L'homme qui donne de l'âme aux lames 
Patrice Drevet, Août 2008

Daniel Renault, coutelier d'art

Il crée, il habille le couteau d'art que l'on protège derrière les vitres d'un présentoir au milieu d'une collection particulière... ou tout simplement le couteau de poche, élégant et utile, que l'on a toujours sur soi pour tous les petits gestes de la vie quotidienne, couper le pain, le saucisson ou ouvrir une bonne bouteille. Ici, au coeur du Languedoc, à Pézenas, quand Daniel créé l'Arlequin de Pézenas, un Laguiole à l'image de la commedia dell'arte, en marqueterie colorée et bigarrée, au ventre rond 
et à la lame masquée derrière un guillochage subtil et très enjoué.
Et puis Daniel reparti en voyage, de l'autre côté de la Méditerranée, à Marrakech, au Maroc. Coup de foudre pour les gens, pour l'accueil et la gentillesse des marrakchis... Daniel en a presque la « lame »
à l'oeil !
Il n'y a qu'un seul mot pour définir cette ville : magique ... Marrakech aux mille ans d'histoire, Marrakech aux mille légendes et aux mille nuits chaudes et envoûtante, Marrakech, la porte de l'Afrique profonde et mystérieuse.
Il fallait bien une oeuvre originale pour exprimer 
le ressenti de tout ce poids culturel et humain.
Subjugué, il décide de rendre, de compenser et récompenser cet amour de la ville qu'il trouve « merveilleuse, enchanteresse et divine » alors il crée le « Marrakchis ».Un couteau puissant au dos large, finement ciselé et guilloché, rappelant les moucharabiehs des palais de Marrakech... le manche est vêtu de loupe de thuya, le bois emblématique de la ville d'Essaouira, la ville où les marrakchis vont respirer les rafales de vent de l'Atlantique...
Essaouira, l'ancienne Mogador au nom parfumé des aventures du passé...Le couteau est armé d'une lame Yatagan elle-même ciselée.
Daniel a créé, pour protéger cette oeuvre d'art un étui en cuir ajouré qui laisse admirer les gravures du couteau... Ah que c'est beau !
Cela me rappelle tous ces moments de bonheur et de solidarité partagés avec un ami chef touareg qui m'a offert son propre couteau , des larmes de bonheur et des larmes d'amitié partagées dans les dunes du Ténéré. Le Ténéré, ce désert dont les grains de sable immortalisent le temps qui passe pour notre humanité si fragile et si belle à vivre.Le couteau peut tuer... mais il est plus souvent utilisé pour se nourrir ou pour offrir...
Ah, que c'est beau, un couteau donné par un ami, pour la vie ...
U
n « Marrakchis »

Patrice Drevet













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